Facteurs affectant le rendement du marché obligataire
Le rendement du marché obligataire est déterminé par des facteurs à long et à court terme qui influent sur les conditions économiques, les marchés financiers et les rendements des investissements. Ces forces peuvent être classées en deux grandes catégories : les forces séculaires (qui s’étendent généralement sur trois à cinq ans) et les forces cycliques (qui s’étendent généralement sur six à douze mois).
La compréhension de ces deux forces et de leur interaction peut aider les investisseurs à adopter une vision stratégique à long terme, tout en ajustant le positionnement du portefeuille en fonction des risques et des opportunités à court terme.
Qu’est-ce que l’inflation et pourquoi est-elle importante pour les investisseurs obligataires?
L’inflation – une augmentation du niveau général des prix des biens et des services au fil du temps – est l’un des facteurs les plus importants affectant le rendement du marché obligataire, étant donné son impact sur les rendements réels et le pouvoir d’achat des investisseurs.
Alors que la plupart des gouvernements et des banques centrales visent une inflation modérée et stable, plusieurs environnements inflationnistes peuvent poser des problèmes aux marchés financiers.
- L’hyperinflation désigne une hausse exceptionnellement rapide des prix qui érode gravement le pouvoir d’achat. Elle est généralement associée à la perte de confiance dans une monnaie et à une expansion excessive de la masse monétaire. Dans les cas extrêmes, les producteurs peuvent réagir en augmentant rapidement les prix, contribuant ainsi à une spirale d’inflation galopante qui se renforce d’elle-même.
- La désinflation est un ralentissement du taux d’inflation dû à une diminution de la demande par rapport à l’offre. Elle peut être due à un ralentissement de la croissance économique ou à des mesures politiques délibérées visant à réduire l’inflation.
- La déflation se produit lorsqu’il y a une baisse durable des prix due à la faiblesse de la demande, ce qui peut conduire à une récession ou, dans les cas extrêmes, à une dépression.
Les principales causes des pressions inflationnistes sont les suivantes.
- L’inflation par les coûts : l’augmentation des coûts des intrants – tels que l’augmentation des salaires ou des prix des matières premières – incite les producteurs à augmenter les prix des biens et des services.
- Inflation tirée par la demande : Elle se produit lorsque la demande globale augmente plus rapidement que la production de biens et de services. Elle peut survenir lorsque la capacité de production d’un pays ne parvient pas à suivre le rythme d’une forte augmentation de la demande ou de la masse monétaire.
L’inflation est-elle une menace pour les investisseurs obligataires?
L’inflation peut éroder la valeur réelle des paiements de coupons fixes, car le revenu des obligations ne s’ajuste pas automatiquement à la hausse des prix. En outre, si l’inflation dépasse un certain niveau, les banques centrales peuvent augmenter les taux d’intérêt pour réduire les pressions inflationnistes. Cela peut entraîner une chute des cours des obligations, ce qui a un impact négatif sur les rendements totaux, en particulier pour les titres à durée plus longue.
L’inflation affecte différemment les catégories d’actif. Historiquement, les actions et les titres obligataires nominaux ont eu tendance à réagir négativement lorsque l’inflation était plus élevée que prévu. À l’inverse, les actifs réels tels que les matières premières et les investissements liés à l’inflation ont montré une sensibilité positive à l’inflation.
Protection contre l’inflation
Plusieurs outils peuvent aider les investisseurs à rester investis sur les marchés obligataires tout en atténuant le risque d’inflation.
- Obligations à taux variable : les coupons augmentent et diminuent en fonction d’un taux de référence. Comme les taux d’intérêt et l’inflation évoluent souvent dans la même direction, les instruments à taux variable peuvent aider les investisseurs à préserver leur pouvoir d’achat réel.
- Obligations indexées à l’inflation : les paiements du capital et des intérêts peuvent être explicitement indexés à l’inflation et ajustés en fonction du taux d’inflation en vigueur.
- Stratégies obligataires actives : la diversification, la sélection sectorielle et le positionnement régional permettent à des gestionnaires compétents de rechercher des rendements supérieurs à l’inflation sur le long terme.
Toutefois, l’inflation ne peut être considérée de façon isolée. Les pressions inflationnistes soutenues déterminent souvent les décisions de politique générale des banques centrales et influent sur la position de l’économie dans le cycle économique général.
Ce qui monte doit redescendre
Les économies connaissent naturellement des cycles d’expansion et de contraction. Une phase de contraction – communément appelée récession – se caractérise généralement par une baisse généralisée et soutenue de l’activité économique, qui peut durer plusieurs mois ou plus.
Les récessions peuvent être déclenchées par divers facteurs, notamment des chocs inattendus qui perturbent les chaînes d’approvisionnement et l’activité économique (comme les pandémies mondiales ou les conflits géopolitiques), de fortes augmentations des prix de l’énergie ou des périodes de surchauffe de la croissance économique et d’aggravation des déséquilibres.
La figure ci-dessus illustre les rendements historiques des différentes catégories d’actif au cours des différentes phases du cycle économique.
Après le pic d’une expansion, le début d’une récession se caractérise généralement par un ralentissement généralisé de l’activité économique. Au cours de cette phase, les obligations de base (c’est-à-dire les obligations d’État et les titres de qualité) ont historiquement inscrit un rendement excédentaire, tandis que les actifs sensibles au risque, tels que les obligations à rendement élevé et les actions, ont généralement affiché une contre-performance.
Au fur et à mesure que la récession progresse, les marchés financiers commencent souvent à anticiper une éventuelle reprise. Au cours de cette période, les actifs plus risqués, tels que les obligations à rendement élevé et les actions, ont historiquement inscrit un rendement excédentaire à mesure que les prévisions d’amélioration de la croissance et des bénéfices se renforçaient.
Optimiser les résultats grâce à l’étendue des compétences et à la perspicacité
Il est essentiel de bien comprendre les forces qui influent sur le rendement des obligations pour prendre des décisions d’investissement éclairées.
L’univers des titres obligataires englobe un large éventail d’opportunités (y compris les obligations de sociétés et à rendement élevé, les titres adossés à des créances hypothécaires, les obligations municipales, la dette des marchés émergents), chacune d’entre elles pouvant réagir différemment à l’évolution des conditions du marché.
Cette diversité met en évidence les avantages potentiels de la gestion active, qui permet une répartition dynamique entre les secteurs et les régions, l’identification d’opportunités de valeur relative et la gestion des risques en fonction de l’évolution de l’environnement économique.
Un rééquilibrage régulier du portefeuille peut contribuer à maintenir la répartition de l’actif en adéquation avec les objectifs d’investissement à long terme.